Ce matin, toutes les trente minutes passe, sur ma chaîne d’info continue favorite, un reportage sur l’ouverture d’un salon à Paris. Il ne s’agit ni du salon du livre, ni celui de l’agriculture, ni celui de l’habitat, ni celui du mariage, toutes choses un tant soit peu positives. Non, il s’agit de la première édition du salon du divorce.

Le journaliste chargé de commenter ce reportage insiste sur le fait qu’un mariage sur deux se termine en divorce dans les grandes villes1 et que le PACS n’est pas épargné. On trouve tout ce qu’il faut pour réussir son divorce. Il y a l’avant, le pendant et l’après. L’avant, c’est, par exemple, le stand du détective privé. On imagine que celui-ci permettra au conjoint qui se soupçonne, à juste titre ou non, d’être cocu, d’en recueillir les preuves. Le pendant, c’est le stand de l’avocat, qui vous donnera tous les conseils pour être vainqueur devant le juge. L’après, cela peut être l’agence de rencontres vous permettant de préparer un autre mariage et surtout un autre divorce.

Je dramatise ? Possible. Un divorce n’est pas forcément une guerre sans merci et certains se passent pacifiquement, les deux protagonistes choisissant le même conseil juridique ? Je le crois volontiers. Il n’en reste pas moins que le divorce demeure toujours, dans mon esprit sans doute trop conservateur voire réactionnaire aux yeux de mes contemporains2, un échec. Combien de familles monoparentales dans une situation précaire ? Combien de familles recomposées avec des enfants partagés entre père, mère et beaux-parents ? Quoi ? Je critique la famille recomposée ? Honte à moi ! Il faut se prosterner aujourd’hui devant ce nouveau totem. C’est cool, la famille recomposée, c’est dans le vent. Voyons notre Président, qui en est à trois mariages et deux divorces, trois enfants de deux lits différents3, il est tendance, lui. Pas comme Jacques et Bernadette Chirac qui persistaient à rester mariés malgré le côté “papillon” de monsieur et bien connu de madame. Pour eux, la famille passait avant le couple. C’était la conception d’avant mai 68. La famille recomposée et le divorce généralisé, c’est le fameux héritage de ce joli mois de mai, héritage qu’on se proposait de liquider4. Au passage, on se demande légitimement si la propension à promouvoir l’enfant-roi n’est pas le résultat d’une culpabilité enfouie, celle de sacrifier les gosses à la tyrannie du Couple.

Catho ultra ? Pas du tout, je suis agnostique. Pétainiste car je défends la famille traditionnelle ? Comme disait De Gaulle, Pétain n’a jamais eu d’enfant5. En fait, les gens font bien ce qu’ils veulent. Je ne souhaite pas, qu’on se rassure parmi les lecteurs modeeeernes, qu’on revienne sur le divorce par consentement mutuel, ni sur le droit à la contraception et à l’IVG. J’aurais voté tous ces textes de loi. Je demande simplement qu’on ne martèle pas à longueur de journée que le divorce doit être dédramatisé et que la famille recomposée est un nouveau modèle6.

Trop demandé ? Sans doute !

  1. Salauds de ruraux qui cassent la moyenne !
  2. En vrai, les réactionnaires, ce sont plutôt ceux qui plaident pour une plus grande souplesse dans les unions matrimoniales. Le PACS et les projets de divorcer seulement avec un avocat confinent au retour à la possibilité de répudiation
  3. on murmure qu’un quatrième enfant pourrait bien arriver d’ici à la présidentielle prochaine, afin de donner à la France émue de belles images de campagne
  4. LOL
  5. Charles ajoutait que Philippe n’était pas très travailleur et qu’il avait livré la Patrie à l’ennemi
  6. Au sens “exemplaire” du terme