Après que Benoît Hamon a déclaré être choqué par le contenu du livre “la mauvaise vie”, publié en 2005 par Frédéric Mitterrand, le secrétaire général de l’UMP est venu au secours du ministre d’ouverture.

Autobiographie1 ou récit romancé, je ne me prononcerai pas à titre personnel. Parce que je n’ai pas lu le livre. Mais aussi parce que je n’en ai pas besoin : Xavier Bertrand a donné implicitement la réponse suite aux déclarations de  Hamon.

En effet, en déclarant :“On n’est pas obligé d’utiliser la vie privée des gens à des fins politiciennes”, Xavier Bertrand prend le parti de l’autobiographie. Si ce n’était pas le cas, il aurait parlé d’exercice littéraire et aurait fustigé qu’on prenne ces écrits pour argent comptant. Premier plantage.

Mais cette référence à la vie privée pose un autre  problème. Lorsqu’on raconte sa vie, qu’on en fait un livre, qu’on le vend -très bien, au passage-, ce n’est tout de même pas la même chose que si un cambrioleur venait dérober un journal intime. Second plantage.

Non seulement, en évoquant la vie privée de Frédéric Mitterrand, Xavier Bertrand se ridiculise puisque ce dernier en avait fait lui-même la publicité, mais il accrédite en plus l’idée que tout est vrai au lieu de laisser planer le doute qui entoure, la plupart du temps, ce genre de récit2.

On parle de Bertrand pour Matignon3. Si le Président avait l’assurance que celui-ci pouvait devenir aussi muet que François Fillon, il est bien possible qu’il soit tenté de l’y nommer.

  1. Le livre est ainsi présenté par la FNAC, ainsi que l’a noté le porte-parole du PS cette après-midi.
  2. Frédéric Lefebvre, que je ne ménage guère ici, a eu au moins le mérite de jouer de ce doute (fantasme ou réalité ? ) face à Marine Le Pen lundi soir. Et il n’a eu que quelques secondes pour réagir, contrairement à Bertrand. Pour une fois, chapeau Lefebvre !
  3. Enfin, surtout lui.