Ainsi, ce matin, Rachida Dati a repris le travail moins d’une semaine après avoir mis au monde sa petite fille Zohra. Evacuons tout de suite les questions qui fâchent : je me moque totalement de l’identité du papa de ce bébé. Madame Dati a parfaitement le droit de garder pour elle ce genre de détail. Et je me permets même de féliciter Madame Dati de suivre ainsi l’exemple de son Premier ministre et donc de faire l’exact contraire de son Président, lequel aime bien nous faire partager toutes ses… émotions.

Madame Dati a donc décidé de ne pas profiter du congé maternité, grande conquête sociale. C’est son droit, me direz-vous ! Certaines, qui me connaissent, croyant me clouer le bec, me rétorqueront même : “Et toi, tu n’as pas pris ton congé paternité lorsque tes filles sont nées !” Désolé, mesdames1, mais c’est complètement différent. Moi, j’ai refusé de profiter d’une singerie créée par Ségolène Royal. Nuance. Un machin pour culpabiliser les mecs qui voudraient demeurer des mecs. J’ai fait de la résistance, moi !

Le caractère bien trempé de Madame Dati semble la mettre à l’abri d’éventuelles amicales pressions l’invitant à reprendre si tôt le turbin. Il faudrait donc admettre que nous n’avons rien à y redire. Ah bon ? Et la petite Zohra alors ? Ne va t-elle pas, à peine née, être privée de sa maman ? Est-ce que son droit à elle ne va pas être foulé aux pieds ? Imagine-t-on que cette grande conquête sociale n’a été votée que pour les seules mères ? Mais la petite sera peut-être gardée par son papa, me rétorquera-t-on. Traitez-moi, mesdames2, de misogyne, de vieux con, de réac’, de tous ce que vous voulez, mais Zohra, elle n’en a rien à faire de son papa à cet âge-là. A la limite, Ségolène Royal, qui a inventé la singerie de congé paternité, pourrait faire semblant d’y croire et avec elle toutes les chiennes de garde réunies en meute. Non, Zohra, ce qu’elle veut, c’est sa maman.

Donc, Madame Dati, je le dis haut et fort : je ne vous en aurais pas voulu si vous aviez fait honneur à votre congé maternité. C’est vrai que certains vous l’auraient reproché ici et là. Je les aurais fustigés avec la même passion. En plus, pendant l’intérim, on aurait pu faire de François Fillon un Premier Ministre-Garde des sceaux. Imaginez comme il aurait été fier. Et quelle aura pour vous. Ne pouvoir être remplacée que par le premier des ministres !

Madame le Ministre, j’ai sans doute interferé d’un iota dans votre vie privée en évoquant l’éventuelle solitude de votre bébé de cinq jours cet après-midi. Si c’est le cas, je vous prie de bien vouloir m’en excuser. D’autant que je ne voudrais surtout pas que vous pensiez - et avec vous toutes mes fidèles lectrices - que je cherche à vous culpabiliser3.

  1. Je n’imagine pas une seconde qu’un homme digne de ce nom puisse penser autrement.
  2. Voir la note 1.
  3. A la réflexion, un petit peu quand même…