Grand moment ce soir pour les ethnologues chargés de scruter les mœurs des Français de ce début de siècle, Ariane Massenet avait pris le fauteuil de Michel Denisot dans Girl Power, une version 100 % femmes de l’émission phare de Canal Plus.

Quelques mois après le Green Journal, le Girl Power1. A Panurge donc, que des mutines, sur le plateau comme dans le public. On a refait la même émission que d’habitude, entendu les mêmes chiffres que tous les 8 mars, et pas seulement les 8 mars.

Petites innovations tout de même, on a pu entendre la journaliste Marie Colmant s’interroger sur l’éventuelle nécessité de pénaliser les blagues misogynes et découvrir qu’une ministre de la République pouvait, même avec le sourire, employer les mots “exterminer cette race” lorsque Jean-Michel Aphatie l’interrogeait à propos d’éventuels machos au gouvernement. Les ethnologues qui ont pu observer à quel point il était périlleux d’employer l’expression “une tronche pas catholique”, ou même ce fameux mot de “race” en d’autres circonstances, pourront étudier pourquoi dans ces cas-là il y a officiellement dérapage, et pourquoi cette douce saillie de la ministre “chanson populaire”2 relève d’un humour autorisé. D’autant qu’il y a seulement quelques semaines, la même ministre fut clouée au pilori lorsqu’elle s’aventura à donner des conseils à propos de la manière de porter son couvre-chef.

On se surprend à espérer qu’il ne sera pas décidé de faire le lien entre les deux innovations, celle de la journaliste et celle de la ministre, promettant ainsi une élimination massive des auteurs de ce genre de plaisanteries. Au tout au moins que la rétroactivité ne s’appliquera pas, sans quoi, j’ai bien peur que mon compte soit bon.

  1. Il me semble bien que cette si utile Académie qui remet chaque année la carpette anglaise devrait regarder du côté de la quatrième chaîne. Si l’un des membres du jury passe par ici…
  2. Spécial dédicace à Guy C. qui travaille rue François Ier chaque matin à Paris.